Marc-André Renaud-Palardy est séminariste au Grand Séminaire de Montréal et fait partie des jeunes que nous avons le privilège de soutenir grâce à votre générosité. Au cours des huit dernières semaines, il a réalisé un stage estival au sein de la Fondation, mettant ses compétences et son enthousiasme au service de notre mission.
À l’issue de cette expérience, il a souhaité partager une réflexion personnelle sur ce que ce stage lui a permis de découvrir, tant sur le plan humain que spirituel. Il y témoigne de la manière dont ce travail s’est inscrit, pour lui, comme une participation à l’œuvre créatrice de Dieu. Nous vous invitons à découvrir son témoignage.
« On dit souvent que l’Église se bâtit sur la foi. Cet été, j’ai découvert que cette foi se bâtit aussi grâce à une multitude de gestes discrets que presque personne ne voit.
Avant de commencer mon stage à la Fondation du Grand Séminaire, je connaissais déjà la vie du séminaire : les cours, la prière, la fraternité, la formation. Mais je ne connaissais pas encore tout ce qui rend cette vie possible.
Pendant plusieurs semaines, j’ai eu le privilège d’entrer dans les coulisses d’une œuvre qui fait vivre la mission de l’Église. J’ai appelé des bienfaiteurs pour leur dire simplement : « Merci. » Je ne croyais offrir que quelques minutes de reconnaissance. J’ai reçu en retour de véritables témoignages de foi, d’espérance et d’amour pour l’Église.
Derrière chaque don, il y avait un visage, une histoire, une fidélité. Des hommes et des femmes qui prient pour les vocations, qui aiment profondément l’Église et qui choisissent, souvent dans le silence, d’investir dans son avenir ici, au Québec.
J’ai aussi eu la chance de participer à une fin de semaine d’Escapade en forêt, de préparer différents événements, de réaliser des capsules vidéo et des témoignages, de contribuer aux réflexions de l’équipe et de mettre à profit mon expérience en sécurité privée ainsi qu’en animation auprès des jeunes.
J’ai eu également l’immense plaisir d’aller rencontrer des communautés religieuses, entre autres une rencontre formidable avec les soeurs hospitalières de Saint-Joseph, avec qui nous avons partagé notre amour de l’histoire du Québec, de l’Église, une rencontre avec des soeurs remplies d’une joie de vivre véritablement contagieuse, et qui aura culminé avec la chance incroyable de pouvoir aller nous recueillir à la tombe de la vénérable Jeanne Mance, cofondatrice de Ville Marie et femme de foi extraordinaire.
À première vue, ces responsabilités n’ont pas grand-chose en commun. Pourtant, elles convergent toutes vers une même mission : servir l’Église pour qu’elle puisse continuer d’annoncer le Christ.
Au fil de l’été, j’ai compris que la Fondation ne recueille pas seulement des dons.
Elle fait naître des rencontres.
Elle entretient la confiance.
Elle transmet une vision.
Elle permet à des personnes qui ne franchiront peut-être jamais les portes d’une salle de classe du Grand Séminaire de participer malgré tout à la formation des futurs prêtres, diacres permanents, vierges consacrées et autres leaders catholiques qui serviront notre Église dans les années à venir.
Comme séminariste, cette découverte m’a profondément bouleversé.
Un jour, si Dieu le veut, je me tiendrai peut-être à l’autel pour célébrer l’Eucharistie. Les fidèles verront un prêtre. Ils entendront une homélie. Ils recevront les sacrements.
Ce qu’ils n’auront pas, ce sont toutes les mains qui ont rendu ce moment possible.
Ils ne verront pas les bienfaiteurs qui auraient donné avec confiance. Les employés qui auraient travaillé avec fidélité. Les bénévoles qui auraient offert leur temps. Les communautés religieuses qui auraient porté les vocations dans leur prière. Tous ces artisans de l’ombre qui ont permis qu’un jeune homme réponde à l’appel du Seigneur.
J’aime penser que, ce jour-là, le jeune prêtre ne se tiendra pas seulement sur les marches de l’autel. Il se tiendra aussi sur les épaules de ces géants discrets qui ont cru en lui bien avant que les autres ne connaissent son nom.
Cet été m’a appris une vérité que je n’oublierai jamais: dans l’Église, personne ne porte la mission seul.
Certains annoncent l’Évangile depuis l’ambon. D’autres organisent un événement, répondent à un téléphone, accueillent un visiteur, montent une vidéo, rédigent un rapport, offrent un don ou prient en silence. Tous, chacun à leur manière, participent à la même œuvre de Dieu, et nous avons de besoin de chacune de ces missions.
Je repars de cette expérience avec une conviction profonde: la Providence de Dieu prend souvent le visage de personnes qui ne cherchent jamais à être vues. Et pourtant, sans elles, tant de vocations n’écloreraient jamais, tant de prêtres ne seraient jamais ordonnés, tant de vies ne seraient jamais touchées par l’Évangile.
Pendant quelques mois, j’ai eu le privilège de rencontrer plusieurs de ces artisans de l’espérance. Pendant quelques mois, j’ai eu la chance de travailler auprès d’une équipe admirable, dévouée et animée par la flamme de l’Esprit Saint.
À chacun d’eux, je veux simplement redire le mot tout simple que j’ai prononcé tout au long de cet été:
Merci. »
Chacun selon la grâce reçue, mettez-vous au service les uns des autres, comme de bons intendants d’une multiple grâce de Dieu. 1 Pierre 4:10


